Disclaimer : cet article est amené à évoluer au fur et à mesure de mes trouvailles surtout au niveau des régions. Si vers chez vous on a une coutume encore pour les récolte ou l’équinoxe n’hésitez pas à la citer dans les commentaires.
a) Les différentes approches
Aujourd’hui, Mabon n’est pas célébré de la même manière selon les courants qui l’ont adopté.
Dans la Wicca, il fait partie de la roue de l’année et marque l’équinoxe d’automne, avec des thèmes comme l’équilibre, la récolte et le passage vers la saison sombre.
Dans le paganisme celtique et le druidisme contemporains, certains pratiquants célèbrent également l’équinoxe, mais avec des pratiques et des interprétations qui peuvent être très différentes, et Mabon n’y constitue pas nécessairement une fête traditionnelle.
Dans le paganisme hellénique, l’équinoxe peut être intégré à une pratique saisonnière, mais le nom de Mabon n’appartient pas au calendrier religieux grec antique.
La Stregheria, la sorcellerie traditionnelle ou la sorcellerie éclectique peuvent elles aussi donner une place à l’équinoxe, selon les traditions, les auteurs et les pratiques de chacun.
Plus largement, dans le néo-paganisme, Mabon peut donc désigner aussi bien une célébration wiccane structurée qu’un simple moment de l’année consacré à la récolte, à l’équilibre, à la gratitude ou au changement de saison. Il n’existe pas une manière unique de « faire Mabon », le nom recouvre aujourd’hui tout un éventail de pratiques contemporaines.
b) Les autres appellations de l’équinoxe d’automne
Mabon n’est évidemment pas le seul nom donné à l’équinoxe d’automne.
Dans les usages astronomique et calendaire, on parle tout simplement d’équinoxe d’automne, autumnal equinox en anglais ou aequinoctium autumnale dans le latin savant.

Dans le druidisme contemporain, on rencontre également Alban Elfed, généralement traduit par « Lumière de l’Eau ». Ce nom appartient toutefois à une histoire bien différente de celle de Mabon, il apparaît dans le système des quatre fêtes solaires élaboré dans les notes de Iolo Morganwg à la fin du XVIIIᵉ siècle, avant d’être repris par différents courants druidiques modernes. (Iolo Morganwg, A Short Account of the Ancient British Bards, notes de 1792 à 1795, §275.)
Dans la Stregheria aridienne moderne, l’équinoxe d’automne porte le nom d’Equinozio d’Autunno et constitue l’une des huit Treguende, les fêtes qui rythment l’année rituelle. C’est le temps de la récolte complète, mais aussi celui où le Dieu arrive au terme de son parcours solaire, après avoir préparé son sacrifice, il meurt et descend dans le monde souterrain. Janus, qui représentait alors le Seigneur de la Lumière, devient le Seigneur des Ombres, tandis que la Déesse descend à son tour à la recherche de son amant disparu. La fête associe ainsi l’abondance de la récolte au début de la saison sombre. Ce qui a été donné permet de nourrir le monde, tandis que celui qui a donné sa force entre lui-même dans le temps des ombres. Une manière particulièrement forte d’exprimer cette idée que toute récolte contient déjà la promesse d’un nouveau cycle.
D’autres traditions contemporaines peuvent encore employer des appellations différentes, parfois inspirées de langues anciennes ou de reconstructions modernes.
Il faut donc distinguer les noms qui désignent simplement l’équinoxe comme phénomène astronomique des noms religieux ou néo-païens qui lui ont été attribués plus récemment : Mabon et Alban Elfed, par exemple, appartiennent à des constructions contemporaines et ne sont pas des appellations antiques universellement transmises pour cette date.
c) Les fêtes contemporaines de récolte

Aujourd’hui, les célébrations de l’équinoxe et des récoltes peuvent prendre des formes très différentes : repas partagés, marchés/foire ateliers, musique, danses, cérémonies collectives ou simplement rassemblements entre pratiquants. Pour ma part en tant qu’artisan j’ai souvent été dans des villages et petites villes pour des évènements avec intitulé Foire d’automne ou marché d’automne. Pour les milieux en tout cas il y avait souvent un lien avec récoltes, vendanges ou abattages de cochons.
Dans les communautés païennes ou non, ces fêtes sont souvent l’occasion de sortir du cadre du rituel privé pour célébrer ensemble ce qui a été accompli et partager symboliquement l’abondance.
Les Harvest Festivals modernes reprennent ainsi certains thèmes très simples de la saison : récolter, remercier, conserver et partager.
En souvenir des traditions Harvest Home c’est aussi l’occasion de manger ensemble et de célébrer ce qui avait été récolté. La nourriture n’était donc pas simplement une décoration symbolique de la fête, elle était le résultat très concret de plusieurs mois de travail. Le fait de pouvoir s’asseoir autour d’une table une fois la récolte rentrée avait une importance évidente dans des communautés qui dépendaient directement de leur effort, de leur temps et de leur savoir-faire.
Certaines manifestations sont également associées au Pagan Pride, mouvement apparu à la fin des années 1990 qui organise des rassemblements publics autour de l’équinoxe d’automne. Dès les premiers Pagan Pride Days, le rituel public était accompagné d’actions communautaires, notamment des collectes de nourriture destinées aux associations et banques alimentaires locales.
Un peu plus tard dans l’automne le 11 novembre, on fête encore la Saint-Martin en Vénétie et en Sicile surtout mais on trouve encore des célébration en Lombardie, dans le Trentin-Haut-Adige et en Toscane. On goutte le vin nouveau, on déguste des châtaignes et surtout à Venise on mage le San Martino sur son cheval recouvert de bonbons et en Sicile i Biscotti à l’anis de San Martino.
La fête de la récolte devient alors littéralement une fête du partage avec des valeurs à garder précieusement, on célèbre ce que l’on a reçu en donnant à son tour.
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