Sambucus Nigra
Présentation
Famille : Caprifoliacées
Origine : Arbrisseau qui se retrouve en Europe et en Asie. Certaines formes vont être cultivées pour leurs fruits. On trouve une écorce claire sur laquelle on trouve de nombreuses lenticelles liégeuses.
À l’intérieur des rameaux on retrouve une épaisse moelle blanche. Les grandes feuilles (5 à 7 folioles) dégagent une odeur désagréable quand on les froisse. Les petites fleurs blanc crème sont groupées en larges corymbes terminaux et exhalent un parfum intense et musqué. Les fruits sont des petites billes noires et luisantes.
Pour un usage médicinal on utilisera l’écorce moyenne, les fleurs et les fruits.
Compositions : Cyanidine (phénolique9, mucilages et tanins. Nitrate de potassium

Étymologie : Sambucus vient du grec sambuke qui veut dire « flûte » dans le sens instruments à cause de la moelle qu’on peut retirer dans le rameau.
Une légende germanique raconte que la flûte de rameau de sureau peut protéger contre les sortilèges et enchantements. Une autre du côté de la mythologie nordique relie la Déesse Freyja à à l’arbre. Elle se serait retirée dans un sureau noir pour profiter de ses qualités médicinales.
⛔️ Il ne faut pas confondre avec le sureau rouge, Sambuca Racemosa qui pousse en montagne. Les fruits crus font vomir et sont purgatif mais en gelée c’est bien meilleur. Il y a aussi le sureau hièble ou yèble, Sambuca Ebulus, qui est une grande plante herbacée à fruits noirs, amers et surtout immangeables. Les grappes de baies ne tombent pas, elles sont dirigées vers le ciel mais on lui retrouve les mêmes propriétés quand on utilise l’écorce et les feuilles.
On trouve aussi une variété utilisée par les Amérindiens, le sureau blanc, Sambucus Canadensis.
Histoire
Le Sureau est une plante dont on se sert depuis des siècles en Europe!
Ses fruits ont notamment été retrouvés dans des vestiges archéologiques européens, tandis que les textes médicaux de l’Antiquité témoignent déjà de son utilisation, Pline l’Ancien (23 à 79 av.J.-C.) le cite déjà dans son Histoire Naturelle (Livre XVI et Livre XXIV), il traite plus de l’aspect botanique ou avant lui Dioscorides ( 25 à 90 av. J.-C.) dans son De Materia Medica, a été le premier à rédiger des remèdes créé à base de ces racines. Et le tout premier à documenter le sureau sur ces vertus n’est autre que Hippocrate lui-même. On trouve dans le Corpus Hippocratique un traité par exemple où il va parler des maladies des femmes et où il va conseiller pour des affections internes l’utilisation des baies et des racines pour leur vertus purgatives et diurétiques.
On lui trouve un intérêt dans les jardin, dès le début du IXe, comme dans le Capitulare de villis vel curtis imperii (c’est dans ce document qu’on retrouve les recommandations de Charlemagne pour ses Missi Dominici (les envoyés du maître) , qui réglemente les plantes à cultiver dans les domaines royaux.

Usages traditionnels
L’écorce a certes une odeur désagréable mais c’est un excellent diurétique, laxatifs (on l’utilisait autrefois contre les œdèmes ou néphrite aiguës). Les feuilles semblent avoir des vertus similaires mais elles sont rarement utilisées en usage interne. Elles seront cela dit plus volontiers employées contre les hémorroïdes et les brûlures.
Les fleurs fraîches sont laxatives en revanche les fleurs séchées sont sudorifiques, fébrifuges, diurétique. Son utilisation est donc utile pour provoquer une transpiration abondante et salvatrice comme au début d’un rhume, ou une fièvre éruptive (rougeole, scarlatine), bronchite,…)
En externe on utile la plante contre les fluxions (congestion), les engelures, les crises de gouttes, les inflammations oculaires.
En interne :
- Le vin de sureau est une décoction diurétique.
- En infusion sudorifique, rhumatoïde
- Suc (baie pressée) purgatif
- Rob (sorte de confiture) purgatif
- En sirop, il est efficace contre la toux.
En externe :
- Décoction en compresse pour les gingivites, eczéma, dartre, en bain chaud pour les engelures. Inflammation des paupières ou orgelet. En gargarisme cela calme les irritations de bouche et de la gorge.
- Bain : antidouleur (ajouter de la sauge et du romarin)
- Cataplasme : feuille broyée dans de l’huile de pavot contre les hémorroïdes et les brûlures.
- Dans l’Histoire générale des plantes de L. Fucus on retrouve l’idée que « les feuilles chauffées et appliquées sur le front et les tempes, dissipent dit-on, les migraines ».
- Il eut une époque où on se teignait les cheveux avec les feuilles brûlées et les baies réduites en purée. Au Moyen-âge, on faisait de l’eau de sureau pour éclaircir le teint et atténuer les taches de rousseurs.
- Gallien et Pline l’Ancien le recommandaient contre les catarrhes (inflammation des muqueuses) et les excès de mucus.
Magie et Sureau
On pourra s’en servir pour travailler avec les éléments pour symboliser l’eau, utile aussi pour la divination, pour honorer les morts sur un autel ou lors d’un rituel, pour la protection et pour attirer la prospérité.
On a trouve quelques anecdotes ou croyances populaires comme celle de « tenir son habit par une cheville » et le frapper avec un bâton de sureau quand on pense avoir reçu « quelques maléfice, de la part d’un sorcier qu’on ne connait ». Ainsi tous les coups donné sur l’habit retomberont en réalité sur le sorcier en question (Jacques Collin de Plancy, Le dictionnaire infernal. Recherche et anecdoctes, Henri Plon, 1863 (p. 641-642).
Si vous vous posez une question, allez la susurrer en vous asseyant au pied de l’arbre, il devrait vous murmurer la réponse à l’oreille. D’ailleurs pour pas mal de culture on pensait que c’était un arbre apprécié des fées et qu’elles y avaient élu domicile. C’est pourquoi aux Antilles et en Louisiane, on prendrait le temps selon certains de chanter en balançant l’arbre d’avant en arrière, avant de donner un coup pour qu’elles aient le temps de descendre. (Je ne trouve aucune source pour attester cette histoire mais c’est dommage c’est joli).
En Côte d’Armor aussi les fées vivent dans le Sureau et c’est d’ailleurs pour ça qu’on dit là-bas que le sureau est « médecin », elles s’y réfugient quand le monde devient trop méchant. (Lucie de V.H., Médecine populaire », Revue des traditions populaires, vol. 20, 1905, p. 213)
On taille traditionnellement des baguettes de sorciers ou de sourciers dans les rameaux du sureau.
Peut être utilisé lors de la préparation d’offrande, dans les bains magiques ou en amulette.
On lui prête des vertus magiques curatives dans certains coins de la Bretagne comme nous le transmet Paul Sébillot dans Addition aux Coutumes, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne.
« La fleur de haut-bois(sureau) ramassée le jour Saint-Jean guérit du mal de tête. On enveloppe une partie malade avec un linge imbibé dans l’eau où la fleur a été bouillie »
« La fleur de sureau ramassée le jour de la Saint-Jean a la propriété de guérir les maladies des yeux. On la fait infuser dans de l’eau bouillante et on les lave avec »
Chansons et contes
🎙️Anne Sylvestre, Sureau, Sureau .
📖 Christian Hans Anderson, La fée Sureau.
Contre-indications : Déconseillé aux personnes diabétiques, cela pourrait déséquilibrer les taux recherchés lors de la prise d’insuline.
Un surdosage des baies crues peut entraîner des vomissements et des maux de ventre, le surdosage des baies cuites peut aussi entraîner des troubles digestifs.
La présence de lectine présente dans l’écorce est déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes. La plante est déconseillée aux enfants de moins de 12 ans.
Déconseillé en cas d’arythmie ou problèmes cardiovasculaire qui pourrait entraîner une tachycardie.
Déconseillé en cas de prise de médicaments anti-hypertenseur.
Déconseillé aux personnes anorexiques.
Déconseillé lors de chimiothérapie.
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