L’auteur a choisi de faire passer le message au travers de paraboles racontées par Al Mustapha, un poète considéré comme un fauteur de troubles, bercé de nobles pensées et retenu en exil depuis 12 ans dans la cité imaginaire d’Orphalèse.

Le poète est enfin autorisé à rentrer dans son pays et sur la route le menant au navire pour ce grand voyage, il va une dernière fois dispenser ces belles et bonnes paroles aux habitants qu’il rencontrera sur le chemin.

Le système de narration est toujours plus ou moins le même, on lui demande de traiter d’un sujet et la réponse sera sur ce thème. Sauf la première partie, l’arrivée du navire, qui est une scène d’exposition et nous prenons contact donc avec la situation. La première question s’y trouve quand même, le départ est-il une fin ou un commencement?

On voit les sentiments du poète, sa volonté de gratitude et de savoir donner à son tour. D’ailleurs, on comprend dans ces lignes que ce n’est pas lui qui se nomme prophète mais Almitra qui est elle-même une prophétesse ou une voyante, selon les traductions.

Nous comprenons donc que le discours qui va suivre est un moment d’amour et de partage, un don qui pourra être à son tour partager à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants.

L’œuvre se divise en 28 parties qui traitent de sujet plutôt universel, de la naissance à la mort.

1. L’arrivée du navire.

2. L’amour.

3. le mariage.

4. Les enfants.

5. Le don.

6. Le boire et le manger.

7. Le travail.

8. La joie et la peine.

9. Les maisons.

10. Les habits.

11. L’achat et la vente.

12. Le crime et le châtiment.

13. Les lois.

14. La liberté.

15. La raison et la passion.

16. La souffrance.

17. La connaissance de soi.

18. L’enseignement.

19 L’amitié.

20. Le verbe.

21 Le temps.

22. Le bien et le mal.

23. La prière.

24. Le plaisir.

25. La beauté.

26. La religion.

27. La mort.

28. Les adieux.

Al Mustapha signifie l’élu le choisi, c’est le nom donné dans l’Islam au prophète Mahomet. On sent que même athée, Gibran a été élevé dans une culture chrétienne d’Orient et qu’il a lui-même bien lu le Coran, ce qui donne une couleur de mysticisme à l’œuvre, teintée d’universalité et de profonde sagesse.

C’est l’utilisation de paraboles et d’images qui offre une lecture et une compréhension plutôt aisée à son message. Comme le vitrail de l’église, offre la clé lecture aux fidèles illettrés, au Moyen-âge.

Le champ lexical du monde et de la nature offre des points de comparaisons qui permettent de capter l’essence du discours. On peut sentir d’autres influences, comme celle du bouddhisme, un peu de Nietzsche, ne serait-ce que par le mode de discours qui nous rappelle Ainsi parlait Zarathoustra.

Comme il offre un discours ouvert et dans une ville imaginaire, chacun est libre de le rattacher à ce qu’il connaît et à l’époque qu’il a envie. C’est ainsi que sans la temporalité, ce livre fut un succès dès sa sortie en 1923, qu’il a pu parler encore 50 ans après aux générations New-age ou encore à nous-mêmes aujourd’hui en 2021.

Gibran, dans son discours, ouvre la portes de la réflexion sur l’humanité et la place de chacun pour vivre heureux : Connaissons nous nous-mêmes pour connaître notre prochain. Il n’y a pas de mérite ou de hiérarchie, pas de dichotomie. Nous sommes l’ensemble d’un tout, composé d’une multitude de facettes. Il n’y a pas de l’ombre et de la lumière, le fort et le faible, mais des harmonies et des idées qui ne sont pas séparées par un fossé. Elles sont unies à l’intérieur des êtres. Seule la perception et la connaissance peuvent aider à les appréhender en conscience et sans peur.

De ces concepts qui nous parle à tous, la liberté, la justice, l’affection, qu’elle soit pour les amis, pour l’amour pour vos enfants, le plaisir, les lois jusqu’à la mort même, ce sont des idées qui nous parle à tous. Même le moins inspiré pour la philosophie, se sera posé des questions sur ces sujets.

La conclusion, c’est que toutes ces idées ne sont pas des notions qui apparaissent ou disparaissent selon les besoins ou la situation. Elles sont en nous de tout temps, comme on ne peut séparer le corps et l’esprit, on ne peut séparer la vie et la mort ou la soif de justice et la tempérance et ça n’a pas de sens de vouloir les séparer puisque l’un ne pourrait survivre à l’autre.

Je ne ferai pas une analyse de texte, je ne pense pas que cela intéresserait quiconque mais pour ceux qui ne veulent pas ouvrir le livre (tout de suite) je vous ai sélectionné des passages que je trouvais parlants .

Nos citations préférées

Citations.

4. Les enfants.

« Vous êtes les arcs qui propulse vos enfants comme des vivantes flèches. »

« Vos enfants ne vous appartiennent pas, ils sont les fils et les filles de la vie. »

5. Le don.

« Il y a ceux qui donnent avec joie, et dont cette joie est la récompense. »

« Il est bien de donner quand on vous le demandait, il est encore mieux de donner quand on ne vous demande rien, parce que vous en avez compris la nécessité. »

Chapitre 6.

« (…) puisque vous devez tuer pour manger et voler au nouveau-né le lait de sa mère pour étancher votre soif, faites-en un acte de dévotion.»

Chapitre 7.

« Quand vous travaillez, vous êtes une flûte qui transforme le murmure des heures en musique. »

« Moi j’affirme qu’en travaillant vous accomplissez une part du plus antique rêve de la terre, celle qui vous. a été assignée lorsque ce rêve est né. »

« En vous dédiant au labeur, vous montrez votre amour véritable de la vie. »

« Le travail est vide sans amour. » « Le travail est l’amour rendu visible. »

Chapitre 8.

« Votre joie est votre peine sans masque. «

« En vérité, vous êtes comme une balance suspendue entre la joie et la peine. »

Chapitre 9.

« Votre maison et votre corps agrandit. »

Chapitre 10.

« N’oubliez pas que la pudeur est un bouclier contre les yeux impurs. »

« N’oubliez pas non plus que la terre aime le contact de vos pieds nus et que les vents rêve de jouer avec vos cheveux. ».

Chapitre 13

« Vous prenez plaisir à établir vos lois, mais vous prenez encore plus de plaisir à les violer. »

Chapitre 14.

« Aux portes de la cité et dans vos foyers, je vous ai vu vous prosterner et adorer votre liberté.

Tels des esclaves qui se courbe devant leur tyran et chante ses louanges pendant qu’il les assassine. »

« Vous serez vraiment libres, non pas lorsque vos jours seront insouciants et vos nuits sereines, mais plutôt lorsque vous saurez vous élever nus et sans entrave au-dessus des soucis et les chagrins qui encerclent vos vies. »

Chapitre 15.

« Votre âme est souvent un champ de bataille sur lequel votre raison et votre jugement affrontent vos passions et vos appétits ».

Chapitre 16.

« De même que le noyau du fruit doit se briser pour exposer son cœur au soleil, de même vous devez connaître la souffrance »

Chapitre 17.

« Vous voudriez connaître en paroles ce que vous avez toujours connu en pensées. », « (…) ce soi est une mer sans limite, ni mesure. »

« Ne dites pas : « j’ai trouvé la vérité », mais plutôt : « j’ai trouvé une vérité » ». « L’âme se déploie tel un lotus aux innombrables pétales. »

Chapitre 18.

« Le maître. (…) s’il est vraiment sage, il ne vous invite pas à entrer dans la maison de sa sagesse, mais vous conduit plutôt jusqu’au seuil de votre propre esprit. »

« Car la vision d’un homme ne prête pas ses ailes à un autre homme. »

Chapitre 19.

« Votre ami est la réponse à votre besoin. » « Car l’amitié n’a pas besoin de mots : les pensées, les désirs, les espoirs naissent et se partagent avec une joie muette. »

Chapitre 21.

« Cependant, l’intemporel en vous est conscient de ce que la vie a d’intemporelle.

Il sait qu’hier est la mémoire d’aujourd’hui, demain, le rêve d’aujourd’hui. (…)que le présent embrasse le passé avec sa mémoire et l’avenir avec son désir. »

Chapitre 22.

« Du bien qui est en vous, je peux parler, mais non du mal, Car qu’est-ce que le mal, sinon le bien torturé par sa propre faim et sa propre soif? »

Chapitre 24.

« Le plaisir est un champ de liberté, mais pas la liberté. Il est la fleur de vos désirs, mais pas leurs fruits. »

« Le regret est un voile de l’esprit et non un châtiment. »

Chapitre 25.

« La beauté n’est pas un besoin, mais une extase. Elle n’est ni une bouche assoiffée, ni une main vide tendue, mais plutôt un cœur enflammé et une âme enchantée. »

Chapitre 26.

« Votre vie quotidienne est votre temple et votre religion. »

Chapitre 27.

« Ayez confiance dans les rêves, car en eux se dissimule la porte de l’éternité. » « Qu’est-ce que mourir ? Sinon rester nu dans le vent et se fondre dans le soleil. »

Chapitre 28.

« Vos pensées et mes mots sont les vagues d’une mémoire, celle qui conserve la trace de notre hier, des jours anciens o’u la terre n’avait encore conscience ni de nous, ni d’elle-même. «

« Pour cela par-dessus tout, je vous bénis vous donnez beaucoup sans savoir que vous donnez. »

« Vous n’êtes pas prisonniers de votre corps ni confinés dans votre maison ou dans vos champs. Votre moi habite au-dessus des montagnes et rôde avec le vent. »

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