L’ardoise à Sigil

Commençons par la définition du mot sigil, il vient du latin sigillum qui veut tout simplement dire sceau, scellée. Sa définition reconnue fait de lui un signe graphique ou sceau symbolisant une intention ou une entité magique.

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Dans les pratiques contemporaines du sigil, l’une des méthodes les plus répandues (et facile pour commencer), repose sur une grille circulaire numérotée de 1 à 9 et où les chiffres représentent une lettre (d’où la petite grille aide-mémoire). Ce système est directement inspiré de procédés de cryptage symbolique décrits dans l’ésotérisme occidental moderne, notamment chez Austin Osman Spare au début du XXᵉ siècle, qui pose les bases du sigil comme « condensation graphique d’une intention formulée » (Spare, The Book of Pleasure, 1913).


Le principe est simple et structuré : une intention est d’abord formulée sous forme de phrase courte. Les lettres sont ensuite réduites, puis reportées dans un cercle contenant les chiffres de 1 à 9 selon une table de correspondance alphabétique. Chaque lettre devient un point, et ces points sont reliés entre eux dans l’ordre de la phrase pour former un tracé unique. Ce tracé devient le sigil, c’est-à-dire la forme visuelle condensée de l’intention, auquel il faudra ajouté une consécration pour donner toute l’énergie désirée au symbole.

Cette méthode permet de passer d’un langage rationnel à un langage graphique, ce qui est exactement ce que décrivent de nombreux auteurs en psychologie symbolique et en anthropologie du rituel : le symbole agit comme un médiateur entre pensée consciente et représentation imagée (Jung, L’homme et ses symboles, 1964 ; Eliade, Le sacré et le profane, 1957). C’est pour ce côté matérialisation qui m’intéresse car cela me parle personnellement autant dans mon travail d’artisan que dans ma vision de l’art-thérapie cela concrétise des idées et des concepts qui peuvent nous accompagner quotidiennement en les reportants sur un bout de papier, un objet ou autres. Un support non-négligeable pour celui ou celle qui n’arrive pas facilement à travailler avec la visualisation.

Traditionnellement, ce travail se fait sur une feuille de papier, souvent jetée après usage. Or, lorsqu’on utilise régulièrement cette technique, cela implique une répétition du geste, du support et du matériel. C’est de ce constat qu’est née l’ardoise à sigils : créer un support réutilisable, durable, et pensé pour accompagner la pratique sur le long terme. Cette idée me trotte depuis quelques années dans la tête et après avoir fait des supports qui ne me convenait pas j’ai voulu réfléchir concrètement sur l’objet que j’ai introduit fin 2025 dans les calendriers de l’avent pour voir comment d’autres personnes qui avaient une culture, des croyances et des pratiques différentes des miennes allaient recevoir l’objet, vous vous doutez que si vous lisez ceci c’est que l’expérience a été concluante.
Cette ardoise à Sigil permet de tracer, effacer et recommencer autant de fois que nécessaire, sans gaspillage de papier, tout en offrant un espace stable pour observer la construction du symbole avant de le reporter ailleurs.

L’ardoise devient ainsi un support de travail graphique et symbolique. On y dessine le sigil en respectant les règles de construction :
🌞formulation de l’intention.
🌞réduction de la phrase.
🌞report des lettres dans la grille.
🌞tracé progressif du symbole.
🌞observation de sa forme finale.

Une fois le sigil construit sur l’ardoise, il peut être reproduit sur son support définitif comme dit avant : papier, objet, carnet, talisman, bois, tissu, ou simplement mémorisé pour un usage éphémère. L’ardoise n’est pas l’aboutissement, elle est l’outil intermédiaire, l’espace de gestation du symbole. Cela devient très utile pour avoir une idée du tracé et avoir encore la possibilité de le retoucher si besoin sur l’ardoise (attention à ne pas prendre quand même trop de liberté faire un tracé dans un certain ordre est quand même fait pour avoir du sens et une certaine dynamique) ou de le reprendre après sur le support choisi.

Concernant l’activation ou la « consécration » d’un sigil, les traditions ésotériques occidentales sont claires sur un point : un symbole n’est pas considéré comme opérant par sa seule existence graphique. Il doit être chargé intentionnellement.
Chez Spare, cette activation passe par un état de concentration modifiée, ce qu’il nomme le gnosis, une focalisation intense qui permet de lier la forme graphique à l’intention psychique (Spare, The Focus of Life, 1921).
Dans une perspective plus anthropologique, Mircea Eliade explique que la consécration d’un objet ou d’un symbole est ce qui le fait passer du statut de simple matière à celui de support rituel (Le sacré et le profane). Ce n’est pas la forme qui agit, mais la relation construite avec elle.

Cette activation peut prendre différentes formes selon les pratiques :
– temps de méditation ou de concentration.
– visualisation.
– respiration contrôlée.
– répétition mentale de l’intention.
– gestes ritualisés simples.

Ces procédés sont décrits dans la littérature comme des techniques de focalisation psychique et symbolique, présentes dans de nombreuses cultures rituelles (Mauss, Sociologie et anthropologie, 1950), mais selon moi en comprenant ce que nous sommes en train de faire on peut chacun avoir son rituel en fonction de nos habitudes, observations ou même besoin selon la chose à consacrer.

L’ardoise à sigils s’inscrit donc dans une double logique :
Une technique, en offrant un support clair, pratique et réutilisable pour la construction graphique du symbole, tout en gardant ma valeur artisanale, en proposant un objet pensé, façonné et décoré comme un outil de travail symbolique à part entière.

Le modèle de base peut être reproduit pour garantir une continuité d’usage et aussi vous ne voulez pas que d’autres symboles entre en vibration avec votre travail, tandis que les versions décorées permettent d’ouvrir vers un travail plus personnel, thématique ou sur mesure parce que le plaisir des beaux objets fait partie de mes pratiques et de mes valeurs. Cela rejoint ce que l’anthropologie de l’artisanat décrit comme un « objet-outil chargé de sens », à la fois fonctionnel et porteur d’une identité esthétique (Sennett, Ce que sait la main, 2008).

Cette ardoise n’est donc pas un simple support de dessin. C’est un espace de passage entre l’intention et la matérialisation finale du symbole que je suis heureuse de vous présenter dans le secret du Boudoir Roux


Nous vous rappelons que l’utilisation des pierres à but thérapeutique, ne se substitue en aucun cas à un traitement médical prescrit par un médecin. Nous vous conseillons de rester prudent et de vous souvenir que la lithothérapie est un soutien et non un médicament. Il n’y a pas de principe actif dans les pierres.

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